{"id":86,"date":"2014-10-26T10:44:17","date_gmt":"2014-10-26T10:44:17","guid":{"rendered":"http:\/\/broise-art.fr\/journal\/?p=86"},"modified":"2017-07-21T08:15:58","modified_gmt":"2017-07-21T08:15:58","slug":"lart-ou-le-monde-contemple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/broise-art.fr\/journal\/lart-ou-le-monde-contemple\/","title":{"rendered":"L&rsquo;art ou le monde contempl\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_87\" aria-describedby=\"caption-attachment-87\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/broise-art.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/En-la-majada-de-Eumeo.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-87 size-medium\" src=\"http:\/\/broise-art.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/En-la-majada-de-Eumeo-300x273.jpg\" alt=\"En la majada de Eumeo\" width=\"300\" height=\"273\" srcset=\"https:\/\/broise-art.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/En-la-majada-de-Eumeo-300x273.jpg 300w, https:\/\/broise-art.fr\/journal\/wp-content\/uploads\/2014\/10\/En-la-majada-de-Eumeo.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-87\" class=\"wp-caption-text\">Christian Bozon: En la majada de Eumeo<\/figcaption><\/figure>\n<p>Entreprise insens\u00e9e que de vouloir \u00e9crire un texte \u00e0 propos des gravures de Christian Bozon. Chaque mot risque de rompre l&rsquo;\u00e9quilibre fragile de la contemplation, de trahir la v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;intuition.<\/p>\n<p>Les jours passent, on veut toujours \u00e9crire, mais tout semble inutile. \u00a0On se sent tromp\u00e9\u00a0par les id\u00e9es qui nous traversent et qui disparaissent, redites appauvries de l&rsquo;image. Et pourtant elles avaient d&rsquo;abord\u00a0sembl\u00e9 si int\u00e9ressantes!<\/p>\n<p>On se dit alors que l&rsquo;on va proc\u00e9der par m\u00e9thode, parler des couleurs, de ce rouge, de ce bleu, de ce jaune, de ce rouge surtout ! De ce bleu quand m\u00eame aussi! \u00a0Mais non, cela ne dira finalement rien d&rsquo;essentiel. On pense alors qu&rsquo;il serait\u00a0mieux d&rsquo;\u00e9voquer en premier lieu\u00a0les\u00a0rapports des couleurs entre elles, mais aussi qu&rsquo;il ne faudra pas oublier de dire les tons interm\u00e9diaires. Non, finalement, \u00a0il conviendrait\u00a0plut\u00f4t de commencer par \u00e9voquer les formes &#8230;<\/p>\n<p>Mais d\u00e8s les premiers mots pens\u00e9s, on sent que l&rsquo;on va trahir\u00a0la complexit\u00e9 , la tension.<\/p>\n<p>On se penche alors sur ce qu&rsquo;ont \u00e9crit les\u00a0autres* qui se sont pli\u00e9s \u00e0 cet exercice redoutable . On lit \u00ab\u00a0subtilit\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0tons rares\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0embo\u00eetements subtils\u00a0\u00bb, transparences\u00a0\u00bb. Tr\u00e8s bien, tr\u00e8s juste.<\/p>\n<p>Puis on se dit que l&rsquo;on devrait \u00e9crire un po\u00e8me, que seul sans doute un \u00e9quivalent po\u00e9tique pourrait rendre justice \u00e0 l&rsquo;image. A moins de\u00a0se taire et d&rsquo; \u00e9couter les suites pour violoncelle seul de J.S. Bach. Un onctueux silence sur toutes choses.<\/p>\n<p>Et soudain on repense \u00e0 une lecture que l&rsquo;on a faite 30 ans auparavant, \u00e0 un passage que l&rsquo;on avait lu, assis dans l&rsquo;herbe, un jour que l&rsquo;on imagine aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une agr\u00e9able ti\u00e9deur, face \u00e0 une vue circulaire sur les monts de B.<\/p>\n<p>On recherche alors le livre, on sait son titre, on sait sa couleur rouge , on croit se souvenir que le passage \u00e9tait sur une page de droite. Il \u00e9voquait un paysage et traitait de l&rsquo;art.<\/p>\n<p>On trouve l&rsquo;ouvrage, on s&rsquo;\u00e9gare dans les 1500 pages, on relit des passages, mais on ne trouve pas celui dans lequel \u00e9tait fait un parall\u00e8le entre l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue devant un paysage naturel et celle v\u00e9cue devant une \u0153uvre d&rsquo;art.<\/p>\n<p>Certains passages sont annot\u00e9s au crayon \u00e0 papier. On est surpris parfois de voir que l&rsquo;on cocherait aujourd&rsquo;hui parfois encore les m\u00eames passages sur l&rsquo;art. Soulag\u00e9 \u00e9galement de constater que l&rsquo;on n&rsquo;aurait par contre pas agr\u00e9ment\u00e9 tel autre d&rsquo;un point d&rsquo;interrogation. La vie.<\/p>\n<p>Finalement, on ne retrouvera pas le passage que l&rsquo;on cherche. Et cependant:<\/p>\n<p><em>La lumi\u00e8re est la chose la plus r\u00e9jouissante qui existe; on en a fait le symbole de tout ce qui est bon et salutaire. (&#8230;) La disparition de la lumi\u00e8re nous attriste imm\u00e9diatement; son retour nous \u00e9gaie; les couleurs excitent en nous une vive jouissance qui atteint son maximum, si elles sont transparentes. La raison de tout cela, c&rsquo;est que la lumi\u00e8re est le corr\u00e9latif, la condition de la connaissance intuitive parfaite, c&rsquo;est \u00e0 dire de la seule connaissance qui n&rsquo;affecte point \u00a0directement la volont\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>Le monde comme volont\u00e9 et repr\u00e9sentation<\/em>, A. Schopenhauer, <em>PUF, 10\u00b0 Edition, 2\u00b0 trimestre 1978, page 257<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00a0oeuvre de C. Bozon . La vie comme un \u00e9quilibre rouge tendu d&rsquo;un silence lumineux.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00a0oeuvre de C. Bozon . \u00a0Ce qui en parlera le \u00a0mieux, sera une autre oeuvre&#8230; ou\u00a0le livre que l&rsquo;on va relire \u00e0 la recherche des quelques lignes que la lumi\u00e8re des souvenirs finira bien par \u00e9clairer&#8230; ou de la musique.<br \/>\n<iframe src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/poCw2CCrfzA?feature=player_embedded\" width=\"640\" height=\"360\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>* Jacques Cavin,\u00a0Pierre Peyrard<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Entreprise insens\u00e9e que de vouloir \u00e9crire un texte \u00e0 propos des gravures de Christian Bozon. Chaque mot risque de rompre l&rsquo;\u00e9quilibre fragile de la contemplation, de trahir la v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;intuition. 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